Nouveaux acquis pour la gestion d'Ebola

Début septembre, la chargée de projets santé d'ULB-Coopération et une assistante technique du projet PADISS de Goma ont participé à une formation sur Ebola organisée par MSF-Suisse. Il s’agissait de former le personnel MSF qui sera prochainement déployé dans les centres de traitement d'Ebola au Nord-Kivu. L’envergure de cette courte formation dépassait le seul domaine médical, et le contenu pluridisciplinaire s’est avéré particulièrement pertinent pour nos collègues. Les sujets abordés allaient des priorités d'une « intervention Ebola », au circuit de prise en charge médicale et psychologique, en passant par l'engagement communautaire en promotion de la santé, les problèmes de gestion de cas suspects (suivi des contacts du malade avant la prise en charge médicale) et la stigmatisation des survivants d'Ebola, jusqu’aux possibilités actuelles de vaccination. 

Parmi l’ensemble des nouveaux éléments, quatre, de domaines variés, ont trouvé un écho particulier chez nos collègues :

  • L'importance de garder flexibilité et dynamisme dans l'approche communautaire. Les équipes et les communautés sont aujourd’hui à bout (Ebola est présent depuis plus d’un an dans la région du Nord-Kivu) et les vies quotidiennes se voient considérablement impactées par des interdits difficiles, notamment l’interdiction de contact physique avec ses propres enfants atteints. Pour les équipes, il est indispensable de conserver ou regagner la confiance et le soutien de la population. Les messages et les attitudes à adopter avec la population sont à prévoir avec précaution.
  • La complémentarité des acteurs de l'humanitaire et du développement. Tant les échanges durant la formation que le contenu même de la formation ont continuellement mis en évidence la communication indispensable entre ces deux corps d’intervenants. Sur le terrain, coordonner des approches différentes n’est pas toujours aisé, mais un modus operandi optimal devrait permettre à chacun de travailler en bonne collaboration, tout en gardant sa spécificité.
  • La question des droits du patient est délicate. Quel équilibre trouver entre respecter un éventuel désir de ne pas se soigner exprimé par un patient avec le contrôle nécessaire  d’une épidémie en cours ? 
  • L’impressionnante étendue du contexte dans lequel se propage l’épidémie. Dans 12 mois, environ 900.000 vaccins seront disponibles, mais ceci reste trop peu élevé pour assurer une couverture géographique de l'entièreté du Nord Kivu (8 millions d'habitants) qui permettrait d'éradiquer rapidement l'épidémie…

Chaque structure contribue à la « riposte Ebola » comme il est convenu de la nommer sur place, selon ses compétences, et sa capacité d’action. La participation à une formation relevant d’un autre domaine que celui de la coopération au développement a permis de comprendre très concrètement une partie des challenges qui se posent aux intervenants humanitaires. Ce changement de perspective a été utile et revigorant!